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Shakespeare, une traduction contestée

Au XVIIIe siècle, Shakespeare n’est pas connu en France. Dans la dix-huitième des Lettres philosophiques (ou Lettres anglaises), Voltaire choisit de traduire, en 1724, le monologue d’Hamlet pour donner une idée aux Français, et plus généralement à l’Europe, des tragédies de Shakespeare. Il en propose une autre version, littérale, en 1761, dans son Appel à toutes les nations de l’Europe des jugements d’un écrivain anglais. S’il reconnait que l’auteur « tout barbare qu’il était », a fait preuve en maints endroits de ses tragédies de réels traits de génie, il soutient que  tout n’est pas d’égale valeur dans ses pièces. En effet, comment apprécier une œuvre où la plus haute poésie cohabite avec la plus exubérante grossièreté, où de profondes vérités sur la nature humaine sont exprimées dans une langue surchargée de métaphores obscures, et où les règles élémentaires de la tragédie sont ignorées 

 Ce jugement  pour le moins équivoque  l’amène  à s’interroger   sur la  légitimité de la traduction de l’œuvre de l’auteur anglais. Il faut donc attendre 1776 pour voir paraître les deux premiers volumes de la traduction de Pierre, Félicien Le tourneur du théâtre de Shakespeare en Français. Letourneur n’est pas un inconnu, outre qu’il occupe les fonctions de Censeur royal, secrétaire de la librairie et secrétaire ordinaire du Comte d'Artois, frère du roi, son imitation en prose des Nuits d'Edward Young a connu un succès retentissant. La publication des 20 volumes  faite  par souscription   dure six ans et rencontre un accueil enthousiaste du public au point d’irriter profondément Voltaire qui s'en émeut dans une lettre adressée au poète et critique Jean-François de la Harpe :

« Il faut que je vous dise combien je suis fâché contre un nommé Letourneur, qu'on dit secrétaire de la librairie, et qui ne me parait pas le secrétaire du bon goût. Auriez-vous lu les deux volumes de ce misérable ? Il sacrifie tous les Français à son idole (Shakespeare) comme on sacrifiait autrefois des cochons à Céres...Il n'y a pas assez de camouflets, assez de bonnets d'âne, assez de piloris pour un pareil faquin   » qui introduit sur les scènes françaises les « échafauds et les bordels anglais » au détriment du « théâtre de Racine et des belles scènes de Corneille. »

Letourneur, afin de prévenir les critiques face à une construction littéraire aussi étrangère au théâtre classique français, avait toutefois pris soin d’enrichir le texte de notes de bas de page afin de mieux faire apparaître le sens du texte, de retrouver la logique des pensées du personnage derrière les images alambiquées et obscures du texte shakespearien, d’en souligner les bizarreries. Ignorant l’accueil de Voltaire fait aux premiers tomes,  Le Tourneur entreprend de traduire toutes les pièces en pratiquant l’émendation silencieuse : il raffine le style, aplanit les outrances, et omet jeux de mots et obscénités. Le rat qui choque tant Voltaire devient un voleur, la souris un insecte. old mole  qui signifie littéralement vieille taupe est rendu par « invisible fantôme » et something rotten , quelque chose de pourri, par « quelque vice caché ».

 En fait, Voltaire, animé par un élitisme aristocratique et linguistique hérité du théâtre de Cour, n’a pu accepter le mélange des classes sociales, donc des niveaux de langue, qui reflétait, sur la scène élisabéthaine, la diversité du public à l’intérieur du théâtre. Ce  refus du mélange des genres, comme la recherche de la bienséance linguistique, signale l’incompatibilité entre un modèle dramatique fondé sur le tri et l’exclusion et le modèle shakespearien qui pratique le brassage et l’inclusion.

 

La BPR conserve un exemplaire complet de l’édition Letourneur aux armes de Charles Gravier comte de Vergennes. Ce fin diplomate, appelé au ministère des affaires étrangères par Louis XVI lors de son avènement au trône engagea la France dans la guerre d’indépendance américaine. Sa mort en 1787 affecta sincèrement  le roi qui adressa  à sa mémoire ce compliment: «  je perds le seul ami sur lequel  je pouvais compter, le seul ministre qui ne me trompa jamais.»  Shakespeare ne fait-il pas dire au roi Lear : Il ne suffit pas de parler, il faut parler juste »

 

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